Mes voeux pour 2012

Posté par le 01 jan 2012 | Dans : Non classé

Au début de cette année 2012, il m’est difficile d’exprimer le moindre voeu sans jeter un regard furtif sur l’état du Monde. En 2011, l’humanité a connu des mouvements inédits de son histoire contemporaine. Des révolutions, des guerres, des crises…et surtout l’élargissement du périmètre de la famine.

En tant qu’observateur intéressé, j’ai dû marquer en gras dans mes notes le décalage entre les discours, les revendications et les aspirations. Alors que les chefs du G20 cherchaient des solutions pour sauver le système financier, plusieurs personnes à travers le monde mourraient de faim. La famine a gagné de l’espace dans un monde où les excédents de richesse sont sans précédent. Près d’un milliard de personnes dans le monde sont sous-alimentées, soit la population de l’Amérique du Nord et celle de l’Europe réunies.

Alors que des jeunes arabes confrontaient les balles des dictateurs pour leur liberté et leur dignité, des jeunes européens faisaient les émeutes du shopping.

Alors que des peuples aspirent à la liberté, au progrès et la modernité, des obscurantistes bloquent l’accès aux universités.

Aussi ai-je noté avec  exaspération les décalages entre les discours et les faits.

Alors que tout le monde s’accorde à dire qu’un Etat Palestinien est incontournable, tous les puissants de ce monde s’inclinent devant la volonté d’Israël de renvoyer le Président Abbas bredouille.

Alors que tout le monde pense que la crise financière est une crise de système, nos dirigeants s’affairent à trouver les solutions pour sauver le système en lui injectant des doses de plus en plus grande du denier public. Tout le monde sait où se cache l’argent, mais personne n’ose incriminer les paradis fiscaux.

Encore plus cocasse sur le plan du décalage entre les discours et les faits, un président d’une puissance en déclin qui appelle son peuple à l’austérité, dans ces temps « dur », il se permet d’augmenter ses dépenses personnelles. Environ 37 000 € pour une nuit dans une suite de l’hôtel Majestic de Cannes, M. Sarkosy se hisse sur la plus haute marche du podium des dirigeants peu regardants à la dépense.

Le Monde a franchi encore une étape dans les paradoxes. Tout semblant d’homogeinité n’est qu’une chimère. Néanmoins, il m’est difficile de céder au pessimisme, car sous ces strates de médiocrité, germent les graines de l’espoir.

Pour 2012, je réitère mes voeux de 2011. D’abord d’une prise de conscience plus active sur la question du changement climatique. Que l’accord de Durban ne soit pas une simple intention de bonne conduite, mais un engagement réel envers la nature et les générations futures. Que partout dans le monde, l’âme des révolutions arabes se propagent pour briser le mur de la peur et ouvrir les portes de la liberté et la dignité aux peuples. Qu’enfin nous comprenions la nature systémique de la crise financière actuelle et que nous oeuvrions pour un nouveau système « régulé » et sous contrôle démocratique.

Bonne année 2012

Walid

Retour sur les résultats des élections en Tunisie

Posté par le 30 oct 2011 | Dans : Non classé

Ça y est les urnes ont parlé en Tunisie!

Le paysage politique tunisien s’est reconfiguré d’une manière radicale, faisant émerger de nouvelles forces politiques. Cette première élection libre dans un pays arabe a été une grande réussite à plusieurs égards. D’abord, le taux de participation a dépassé toutes les prévisions avec plus 90% des inscrits. L’engouement des tunisiens pour ces élections a été remarquable comme en témoignent les interminables files d’attente devant les bureaux de vote. La présence massive des observateurs (étrangers ou pas) a donné à ces élections un goût de transparence. Enfin, j’ajoute que ces élections ont la particularité d’être organisé par une commission indépendante c’est-à-dire loin des services du Ministère de l’intérieur.

Les principaux enseignements:

 1. Les résultats montrent sans aucune ambiguïté l’arrivé du parti islamiste Ennada en tête avec 41,47% des suffrages et obtient 90 sièges dans l’assemblée constituante de 217. Il devance le Congrès pour la République (CPR, centre-gauche avec une sensibilité panarabiste) avec 30 sièges (13,82%) et Ettakatol (gauche avec une sensibilité socialiste) avec 21 sièges (9,68%). Le Parti démocratique progressiste (PDP) (Centriste), donné au départ parmi les grands favoris, il doit se contenter d’un résultat moyen, avec tout de même 17 sièges (7,83%). Le « Pôle démocrate moderniste » a connu un échec surprenant avec seulement 5 sièges. . Désormais ces tendances politiques représentent le paysage politique tunisien. Les autres sièges ont été gagné par des indépendants ou des petits partis.

Force est de constater, que le mode du scrutin n’a pas permis à Ennahda d’avoir la majorité absolue. Les islamistes n’auront pas la possibilité de gouverner le pays qu’en s’appuyant sur l’une des forces politiques majeurs du pays. En ce moment même, les tractations sont en cours pour définir la répartition des principaux postes (Président de la République, Président de l’Assemblée et Premier Ministre) et former le gouvernement. Donc, il ne faut pas faire des conclusions hâtives sur l’avenir, car rien n’est joué. La Tunisie de demain ne peut être gouvernée par un seul parti.

 2. La grande surprise de ces élections est la liste de « la pétition populaire» du richissime homme d’affaires Hechmi Hamdi (islamiste installé à Londres où il dirige la Télévision arabophone « Al Moustakilla ») dont les liens avec Ben Ali sont ambigus. Cette liste arrivait en quatrième position avec 19 sièges. Mais elle a été invalidée dans six circonscriptions notamment pour «irrégularité de financement». Cette invalidation est à l’origine de heurts qui se sont déclarés à Sidi Bouzid, ville du centre du pays où a commencé la révolution. Les performances de cette liste ont surpris tous les observateurs, car ses candidats n’ont pas fait réellement de campagne électoral. Ils ont bénéficié d’un fort appui de la chaine « Al Moustakilla » et des réseaux du RCD. Cela dit, je pense que le vote populaire pour cette liste marque un mécontentement des couches sociales les plus défavorisées dans l’intérieur du pays qui n’ont pas trouvé dans le discours ambiant les réponses concrètes à leurs problèmes. C’est un vote de souffrance et d’impatience. Il faut désormais faire avec cet électorat car c’est une bombe à retardement pour tout le pays.

3. La disparition de la scène politique de toutes les figures du parti de Ben Ali (RCD). Le parti de l’indépendance a été rejeté massivement par le peuple tunisien. Malgré, la tentative de « relookage » par certaines personnalités du régime déchu, le peuple tunisien a dit clairement on « ne veut plus de vous ». Toutefois, des foyers de résistance des RCDistes existent encore dans les administrations et dans certaines régions du pays. Ceux-là voient de mauvaise œil l’arrivé au pouvoir d’une nouvelle majorité et risque de provoquer des incidents plus ou moins importants.

4. La présence d’acteurs étrangers dans la dynamique politique tunisienne a été remarquable. En plus de la présence classique de la France (premier partenaire économique de la Tunisie), on note la forte activité de la diplomatie américaine. Plusieurs contacts ont été pris avec les différentes forces politiques « pressenties » à Tunis et à Washington. Ces contacts n’ont pas exclu Ennahda. Bien au contraire, il a paru à plusieurs observateurs qu’Ennahda a bénéficié d’un accueil privilégié (voir le rôle de certaines ONG en lien avec le Congrès). On peut penser que ce rapprochement entre l’administration américaine et les islamistes, en Tunisie, en Egypte et surtout en Lybie, entre dans le cadre d’une réorientation de la politique américaine pour toute la région;

5. Enfin un enseignement majeur de ces élections, l’Assemblée constituante tunisienne figurerait parmi les plus féminisées au monde, car à l’occasion de ces élections, pas moins de 49 femmes siégeront, soit 24% du total des membres (pour mémoire le Royaume Uni 22%, la France 18.9% et les Etats-Unis 16.9%).

  

Je comprends votre angoisse

Posté par le 13 oct 2011 | Dans : Non classé

J’ai le sentiment, plus la date des élections en Tunisie s’approche plus l’angoisse gagne les esprits. Quoi de plus normal dans un pays qui n’a jamais connu d’élection libre. L’enjeu est de taille pour tout le monde. C’est la première fois où l’incertitude sur les résultats est aussi élevée. Qui sera majoritaire? Y aura-t-il une majorité nette? Quelles sont les alliances possibles? Comment réagiraient les partenaires économiques de la Tunisie et ses voisins proches?

Mais disons les choses clairement. Plusieurs tunisiens craignent à juste titre l’arrivée d’Ennahda (parti islamiste) en tête du peloton. C’est un cauchemar pour plusieurs personnes. Pourquoi ce scénario alimente les peurs? Les tunisiens n’ont jamais eu un gouvernement islamiste et pourtant l’angoisse de les voir au pouvoir est bien réel. S’agit-il vraiment d’un procès d’intention ou d’une attitude idéologique?

A vrai dire les exemples sur l’arrivée des islamistes au pouvoir laissent perplexe, sinon craintif. On oppose souvent l’expérience iranienne au cas Turque. Ce dernier est souvent présenté comme une preuve de la compatibilité des islamistes avec la démocratie. Beaucoup de gens peuvent discourir longtemps sur l’hétérogénéité de la famille islamiste. Il y a les bon (les modérés) et les mauvais (les fanatiques).

Je n’exclue pas la possibilité qu’Ennahda soit parmi les bons (un parti modéré), mais le débat n’est pas là. Car le mouvement islamiste ne propose rien de nouveau sur les plans économique et social. J’ai lu avec attention les « 365 points » et je n’ai rien trouvé d’innovant. Sur le fond c’est un parti comme les autres. Mis à part, les quelques extraits du Coran, le programme d’Ennahda est digne d’une déclaration politique de n’importe quel parti socio-libéral. Avec l’objectif de créer 590 miles emplois en cinq ans (sans dire comment), Ennahda tombe dans la démagogie, bien connue sous le régime de Ben Ali.

Même sur le projet de la réforme institutionnelle, sujet majeur de ces élections, Ennahda est restée superficielle en reprenant des propositions bien connu du public.

Je pense que le mouvement islamiste est non seulement inutile, mais peut présenter un danger pour le débat. La Tunisie d’aujourd’hui a besoin de construire un modèle de développement qui crée les emplois et réparti équitablement les richesses. Un modèle qui permet d’éradiquer la pauvreté, la corruption et toutes les formes de l’injustice. Sur ce plan, le programme d’Ennahda use de la langue de bois et excelle dans l’art du boniment. La seule marque de fabrique d’Ennahda reste l’Islam et accessoirement l’identité arabo-musulmane du pays.

Le débat sur la place de l’Islam dans la société est certes important, mais il ne faut, en aucun cas, qu’il soit le domaine de prédilection d’un parti politique même si ce parti porte l’étiquette islamiste. Dès lors que l’on glisse dans le terrain du religieux, les politiques doivent s’abstenir. Ils peuvent reprendre leur simple casquette de citoyens pour exprimer leur attachement à certaines règles morales d’inspiration cultuelle, mais en aucun cas vouloir imposer leurs propres perceptions. Les gens ont peur de voir arriver au pouvoir un parti politique portant des normes morales qui cherche à les imposer aux gens; Leur angoisse est bien réelle, car la mouvance islamiste peut trouver sa place dans les interstices de la société, mais pas en tant que parti politique qui revendique le pouvoir.

Pourquoi?

La réponse est simple. Dans une démocratie moderne, on distingue clairement l’Etat et la société. Les normes morales sont l’affaire de la société. Ce qui fait que les tunisiens se sentent majoritairement arabes et musulmans, ce n’est guère une norme institutionnelle ou un texte de loi, mais un assentiment général. Un assentiment que le pouvoir ne peut pas travestir. L’Etat, une expression du collectif, est d’abord un instrument de gouvernance pour gérer le pays et résoudre ses problèmes. En démocratie, cet instrument est sous le contrôle du peuple par le biais du vote.

Je ne pense pas que les dirigeants d’Ennahda font la part des choses. Le jour où ils comprendront, ils finiront par désoudre  leur propre parti, car il sera inutile.

Les conditions d’un débat identitaire en Tunisie

Posté par le 09 oct 2011 | Dans : Non classé

Au moment où j’écris ces lignes, les esprits se chauffent en Tunisie et les préludes d’une confrontation identitaire se dessinent. Oui, la Tunisie de l’après 14 janvier 2011 se prépare à un round difficile sur son identité. Les prochaines élections du 23 octobre 2011 devraient permettre l’élection d’une « assemblée constituante » chargée d’écrire la constitution du pays. Il s’agit d’une étape cruciale dans l’histoire du pays, car il va falloir préciser les repères de la société. L’identité d’un pays est la pierre angulaire de tous ces repères. La constitution doit répondre aux questions suivantes: Qui sommes-nous? D’où venons-nous? Comment voyons-nous l’avenir du pays?

Malgré l’homogénéité culturelle, cultuelle et ethnique de la population (la quasi-totalité des tunisiens sont arabophones, musulmans sunnites), la discorde bat son plein. Les tunisiens découvrent leur désaccord sur la question de l’identité. Il va sans dire que depuis l’indépendance en 1956, l’identité tunisienne a été normée par l’Etat. Elle n’a jamais fait l’objet d’un débat de société apaisé. Bourguiba avait une vision bien tranchée de la question. Il forgé d’une manière autoritaire un discours sur la « tunisianité » comme identité fabriquée de toutes pièces par le leader. En opposition au courant pan-arabiste, la « tunisianité » est une fuite en avant. Ben Ali n’avait pas une vision propre sur la question (comme toutes les autres questions d’ailleurs), mais il a continué dans le voie de Bourguiba à quelques nuances près. En tout cas, la question de l’identité a été toujours la production de l’Etat, mais jamais de la société. Certes des pans entiers de la société ont adhéré à cette idée de la « tunisianité », mais rien ne dit qu’il y ait eu unanimité. La question de l’identité est restée latente.

Aujourd’hui le vent de la liberté qui souffle sur le pays fait ressortir cette question. Sur fond de crise économique et sociale, les débats font ressortir la question de l’identité. Je ne veux pas m’attarder sur le désaccord légendaire entre d’une part, les pan-arabistes, et les islamistes, et d’autre part, la gauche et les libéraux. Car je pense que limiter le débat de l’identité à la question de la modernité est inutile. Pour certains libéraux, la modernité est nécessairement portée par des valeurs occidentales. En revanche pour certains islamistes ou pan-arabistes elle s’inscrit dans la continuité de la civilisation arabo-musulmane.

Ce débat très est important et il faut le mener d’une manière apaisée. Il doit réunir les conditions suivantes:

- D’abord, il faut commencer par évacuer les caricatures, les clichés et les raccourcis qui caractérisent chaque camp.

- Il faut aussi rendre le débat public et le ressortir des cercles fermés des intellectuels tunisiens. Toutes les catégories sociales doivent prendre part au débat. Révéler l’expression populaire est une condition sine qua non pour la démocratie.

- L’identité ne peut en aucun cas être une norme « étatique ». En tout cas dans une démocratie, le sentiment d’appartenir est une conviction personnelle de chacun. L’Etat démocratique définit le repère identitaire (ex. un article dans la constitution), mais il se donne l’obligation de respecter les convictions personnelles de ses concitoyens.

- Il faut éviter la confusion entre l’identité et la gouvernance. Si l’identité est un repère pour la société, elle ne peut être revue ou reconsidérer par des gouvernements élus démocratiquement. Ces derniers sont élus pour gouverner et résoudre les problèmes économiques et sociaux du pays. Quel que soit leur coloration politique, ils ne peuvent légiférer sur l’identité.

- Toute identité sociale évolue dans le temps long. L’histoire de tout pays connaît des interactions avec d’autres populations. La grande mobilité des individus et des idées, que connaissent notre monde moderne, participent beaucoup aux dynamiques identitaires. Malgré cette évolution, il reste une part dominante dans nos identités. C’est cette part dominante qu’il faut travailler à définir. Elle est la marque d’une société, mais elle n’est jamais unique! Concevons-nous donc des identités évolutives et ouvertes à la diversité du monde.

Enfin quelques soient les réponses qui seront apportées dans la nouvelle constitution tunisienne, il reste à réussir la transition démocratique du pays et le mettre sur les rails du développement économique et social. Ceci est un autre round du combat.

Le 194e Etat

Posté par le 24 sept 2011 | Dans : Non classé

La Palestine deviendrait-elle le 194e État onusien?

La Palestine est déjà un Etat reconnu par une grande partie de la population mondiale. La cause palestinienne a mobilisée et continue à mobiliser plusieurs associations, partis politiques, syndicats et différents collectifs citoyens à travers le monde. Partout sur les cinq continents, les gens évoquent la Palestine comme le dernier pays occupé. Cette réelle sympathie donne à la Palestine une légitimité de cœur.

A contrario Israël bénéficie et continue de bénéficier d’un soutien inébranlable de la part des Etats-Unis et de plusieurs gouvernements européens. Toutes les violations du droit international et les crimes de guerre commis par les gouvernements israéliens sont restés impunis. Cette situation a terni profondément l’image d’Israël. Depuis l’assassinat de Rabin (par un jeune extrémiste juif) et l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite israélienne, même les plus fidèles amis d’Israël lui tournent le dos.

Alors la question qui se pose, pourquoi, cette large mobilisation n’a pas réussi à faire admettre aux plus puissants la nécessité de finir avec l’occupation israélienne et donner au peuple palestinien ses droits légitimes d’indépendance et de liberté sur sa propre terre?

On pense souvent que la réponse à cette question est complexe, car elle est inhérente à l’histoire de toute la région. La conception géopolitique de la région présuppose un équilibre dont Israël est la pierre angulaire. Une sorte d’Etat protecteur des intérêts économiques des puissants. J’ai l’impression que cet équilibre géopolitique dessiné dans les années 1940 n’est pas valable. Plus que jamais Israël est ressenti par ses voisins comme un corps étranger et hostile.

De surcroît, la région connaît aujourd’hui des bouleversements profonds qui sont le prélude d’une ère nouvelle. Les sociétés arabes sont en mutation. Les régimes dictatoriaux tombent les uns après les autres et la marche vers la démocratie semble irréversile. Une nouvelle génération politique se prépare donc à prendre le pouvoir. L’exercice de ce dernier se fera différemment. Il sera désormais difficile pour n’importe quel souverain arabe, démocratiquement élu, de faire avaler à son peuple la pullule de la soumission et de l’humiliation.

Israël et ses alliés savent très bien que les choses changent en Palestine et dans le monde arabe, mais font le pari (ou l’hypothèse) d’un éphémère mouvement de l’histoire. Un état d’âme d’une jeunesse désemparée qui finira par s’atténuer.

L’avenir nous le dira.

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Tunisie: la révolution et après!

Posté par le 09 fév 2011 | Dans : Non classé

Un vent de liberté souffle sur les villes et les villages en Tunisie. Désormais l’avenir appartient à cette jeunesse qui s’est soulevée pour réclamer liberté et justice et personne n’arrêtera cette marche vers la démocratie. 

Dans l’histoire des peuples il y a des moments forts ou des seuils sont franchis. La Tunisie vient d’en franchir un, se détachant clairement d’un long cortège de résignation qui caractérise les peuples arabes. Elle trace résolument une nouvelle trajectoire.

J’ai toujours pensé que cela finira par arriver. L’histoire moderne de la Tunisie et son niveau de développement « humain » sont les témoins d’un long parcours singulier. Plusieurs indicateurs montraient qu’elle ne peut pas se soustraire de cette marche inéluctable vers la démocratie. 

Maintenant les enjeux sont nombreux et  j’en cite trois: 

1. Le pari de la démocratie ne peut réussir que si les tunisiens renforcent les institutions de l’État. Un État fort, mais surtout indépendant des différentes forces de pressions tant intérieures qu’extérieures.

2. Nul ne peut ignorer les fortes disparités sociales et régionales qui pèsent sur le pays. Un processus de convergence régionale et de correction des inégalités doit être mis en place le plus rapidement possible. 

3. Le capital humain est l’unique véritable richesse dont dispose la Tunisie. Comme l’avait martelé A. Sen dans ses écrits  » les libertés sont indispensables à tout processus de développement ». Les tunisiens bénéficient désormais d’une occasion d’or pour libérer les forces vives du pays. Le pari de demain est de fonder une société d’innovation. 

On me reproche souvent mon optimisme béat, mais je me garde de tout angélisme en disant que la Tunisie de demain sera un phare de développement dans toute la région. Espérons qu’elle sera à la hauteur de ces enjeux et puisse déjouer les pièges d’une euphorie revendicative.

La révolution tunisienne

Posté par le 23 jan 2011 | Dans : Non classé

En très peu de temps, l’une des dictatures les plus affreuses s’est effondrée devant la détermination d’un peuple. Le régime tunisien déchu a pratiqué une politique de contrôle absolu de toutes les forces vives de la société (médias, syndicats, avocats, association, partis,…) et a fondé un simulacre de démocratie. Bénéficiant de l’appui de plusieurs pays occidentaux, il a pu martyriser le peuple et créer des injustices insupportables. Des pans entiers de la société ont été écartés du développement économique et plus particulièrement ceux qui habitent l’intérieur du pays (Nord-ouest, centre-ouest, centre et sud). Seuls quelques privilégiés parmi les proches des familles du président et de sa femme ont profité de cette situation. Népotisme, clientélisme, corruption et expropriation sont les maîtres mots de ce régime dans la gestion du pays.

 

Les tunisiens, un peuple cultivé et ouvert sur le monde, n’a jamais supporté les dérives de ce régime. Il y a eu plusieurs cris d’alarme depuis le début des années 1990. Mais la complaisance de la plupart des pays occidentaux a fait que ce régime a pu commettre la torture et terreur  sans qu’on lui demande des comptes.    

La révolution tunisienne est signée par toutes les forces vives de la société et à leur tête la jeunesse. Les jeunes tunisiens ont défié le régime déchu en s’appuyant sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter). La répression a été filmée. La diffusion a été très large et d’une efficacité incroyable.  Chaque jeune s’est improvisé « agence de presse ». Le régime n’a pas pu déjouer  les nouvelles techniques de communications…Malgré la censure, la répression et l’extrême vigilance de la police, l’information, les commentaires, les discours ont circulé  en Tunisie et dans le monde entier.   

Le régime n’a pas pu résister plus de trois semaines. Il est tombé comme un château de cartes suite la fuite de son artisan. Malgré les difficultés de construire un régime démocratique, je suis confiant dans la capacité du peuple tunisien. Le processus démocratique est irréversible. Il peut connaître des freins, mais personne ne peut l’estomper. 

Voeux 2011: paix, démocratie et avenir

Posté par le 01 jan 2011 | Dans : Non classé

Je souhaite formuler à chacun de mes lecteurs et mes amis les meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Que 2011 vous donne santé, bonheur et réussite.

Je profite de cette occasion pour exprimer trois voeux:

- Déclaration d’un État palestien. Un État libre, indépendant et membre à part entière dans l’Organisation des Nations Unies; Les échecs successifs des négociations sur le partage des terres, le retour des réfugiés et Jérusalem, montrent les limites de l’exercice lui même. Il n’est plus possible de perdurer la situation du peuple palestinien qui vit, à des degrés différents, une situation inhumaine. L’état de siège permanent, l’humiliation, la colonisation et les multiples formes de provocation, sont autant de sources d’instabilité et d’insécurité pour toute la région. Certains signes montrent que les États-Unis peuvent reconnaître l’État de Palestine dans les brefs délais.

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- La prise en compte des revendications légitimes des populations arabes en matière d’accès à l’emploi, de liberté et de respect  de leurs droits fondamentaux. En Tunisie, en Algérie, en Egypte et bien d’autres pays de la région, la crise sociale est bien profonde. La détérioration du niveau de vie s’est accélérée depuis deux ans. Le ralentissement de l’investissement extérieur et la baisse de la demande mondiale des exportations de ces pays (notamment le tourisme) ont provoqué une grave détérioration sur le marché de l’emploi et le pouvoir d’achat de la classe moyenne.  Les jeunes, de plus en plus nombreux, sont la plus grande victime de cette situation. Outre ces problèmes économiques, l’ignorance, l’aliénation des femmes et le manque de liberté font du monde arabe, aujourd’hui, une région désolée que rêve d’abandonner la moitié de sa jeunesse. Le monde arabe amorce un tournant important dans son histoire. Loin des agitations des intégristes, les jeunes générations aspirent résolument à une vie digne et refuse l’ordre mondial qui concentre les richesses et impose, ici et là, des dictatures impitoyables.  La transition semble inéluctable. Il faut juste espérer qu’elle se passe avec le minimum de violence.

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- La conclusion d’un accord international pour limiter les gaz à effet de serre. Les progrès  de la dernière réunion de Cancun (10/12/2010) ont tourné la page du sommet de Copenhague. L’accord de Cancun prévoit la création d’un Fond vert pour aider les pays en développement à faire face au réchauffement et lance un mécanisme pour lutter contre la déforestation. Cet accord permet de désamorcer, au moins temporairement, la « bombe » de l’avenir du protocole de Kyoto, seul traité juridiquement contraignant sur le climat existant à ce jour. Sans accord contraignant, nous sommes loin de créer victoire. En même temps, les conséquences du changement climatique se font sentir de manière de plus en plus sensible.

Tensions sociales

Posté par le 19 oct 2010 | Dans : Non classé

Au delà des cortèges des manifestants, des grèves reconductibles, des lapsus à répétitions, la société française entre dans une période de fortes tensions sociales. Le mécontentement populaire atteint son apogée et la radicalisation de la rue est une réalité. Le sentiment généralisé d’injuste est profondément ancré dans la conscience de nos concitoyens. Partout, les gens parlent d’inégalités, d’injustice et de mépris.

L’envie de réformer le système politique et économique est bien réelle. Mais l’histoire du pays, la mémoire collective et l’esprit d’appartenance à une puissance économique mondiale, font que la majorité des gens ne tolèrent pas les injustices. Dans un pays où l’attachement à l’exception est fort, il est difficile de prôner la réforme sur fond de rupture.

Il ne peut y avoir de rupture dans une société attachée à son modèle social. Un modèle basé sur la solidarité et construit progressivement à travers les générations et depuis longtemps. Le sytème de la retraite par répartition est fondamentalement solidaire qui vise à soutenir les plus démunis. Dans l’esprit d’un contrat intergénérationnel, il garanti à tous une pension digne après une vie professionnelle.

Comme la sécurité sociale, le régime de retraite par répartition est un mécanisme de répartition de la richesse et ne peut être traité comme un « compte » à part. Il est une partie intégrante du modèle social et solidaire français.  Le concevoir comme compte déficitaire, c’est occulter sa fonction distributive de la richesse. Le scinder de l’ensemble des finances publiques, c’est déjà un pas vers sa privatisation.

Une réforme qui s’inspire d’un simple esprit comptable (technique et démographique) vide le modèle français de son essence: la solidarité intra et intergénérationnelle.

Toute réforme qui s’inscrit dans cet esprit doit mettre en avant les mécanismes distributifs. Financer les retraites exige d’actioner les leviers de la répartition de la richesse.

 

« Des hommes et des dieux »: une leçon d’humanisme

Posté par le 20 sept 2010 | Dans : Non classé

Le cinéma nous invite parfois à revivre une actualité, joyeuse ou douloureuse, que le quotidien occulte la profondeur. Outre l’histoire, le film de Xavier Beauvois, « Des hommes et des dieux » raconte avec profondeur, beaucoup d’élégance et de beauté l’aventure des moines de Tibéhirine.

On ne peut pas rester insensibles à cette histoire qui se déroule sur ces terrains de la confusion où l’irrationnalité est la règle du jeux. Ces terrains qui nous invitent à redécouvrir les travers de notre humanité.

Le long métrage raconte la tragédie de ces moines comme un problème de conscience, éthique et politique, de notre époque.  On peut même considérer ce film comme une profession de foi.  Il raconte l’histoire avec détachement et sans donner de l’importance à tout ce qu’on a pu lire sur la question. Je pense que le cinéaste a voulu mettre en évidence la complexité de notre nos positions. La vie en communauté hyperritualisée, la peur, la solitude, la force de la conviction, l’aveuglement, sont tant de sujets qu’on peut apercevoir dans la vie des moines.

Le film est un hymne à celles et ceux qui aux prix de leur vie se dévouent au service des autres. Incompris, menacés, méprisés, ils ou elles continuent à croire à leurs missions et s’acharnent à atteindre leur object: l’amour de l’autre. Quand on aime on peut aller très loin.

 

 

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