Paradox d’Arrow ou la démocratie impossible!

Créé par le 18 oct 2009

Mes lectures m’ont amené à revisiter un article « très technique » sur le théorême de Arrow. Kenneth Arrow, économiste américain (1921- ), est un petit génie. Il a reçu en 1972, le « Nobel » d’économie pour ses multiples contributions à l’analyse économique. De gauche mais libéral, néoclassique mais avec quelques tendances interventionnistes, il est difficilement classable. Allez on va dire centristeClin doeil

Son théorème est en fait politique. Il s’inspire fortement de ce qu’on appelle le paradoxe de Condorcet (1785).  La question que se pose Arrow est de savoir s’il est possible, à partir des préférences de plusieurs individus, de construire une relation de préférence collective qui respecte les préférences individuelles.

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Le prix du lait

Créé par le 03 oct 2009

Les éleveurs manifestent aujourd’hui contre la forte baisse du prix du lait payée au producteur (-30% en avril). Cette chute brutale traduit surtout l’atonie du marché national et une forte dégradation du marché à l’exportation mais pourquoi le consommateur ne profite pas in fine de l’ajustement des prix?

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La taxe carbone est-elle nécessaire?

Créé par le 12 sept 2009

La preuve par l’exemple : la Suède a mis en place une taxe carbone, il y a à peu prés 20 ans et revendique des résultats positifs. Selon les experts, les émission du CO2 auraient été 20% plus élevés en 2001 sans la taxe carbone. Cet outil fiscal a en particulier favorisé une utilisation accrue de la biomasse dans les réseaux de chauffage urbain. En 1991, le niveau de cette taxe carbone avait été calculé sur la base d’une tonne de CO2 à 27 euros. Elle a depuis progressé régulièrement pour atteindre aujourd’hui 108 euros la tonne pour les particuliers.

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Pour décarboniser l’économie française, il est nécessaire de donner un signal-prix pour internaliser le coût social de toutes les productions dépendant des énergies fossiles. La taxe carbone doit participer à corriger les rapport des prix et inciter à l’adoption de nouvelles technologies propres. Elle constitue aussi une condition nécessaire pour ralentir le gaspillage de l’énergie et limiter le sur-emballage.

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La magie des lieux

Créé par le 24 avr 2009

Il y a des lieux qui laissent indifférent, il y a des lieux qui marquent à jamais. La scène se passe au Caire devant la mosquée al Hussein. La grande place est noir de monde…des milliers de personnes venant de tout bord pour fêter l’anniversaire d’un hypothétique Saint de l’Islam.

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Sur fond de musique religieuse à répétition, les hauts parleurs dominent l’environnement sonore. La foule bouge dans tous les sens. Certains ont installé leurs tapis sur le parvis de la mosquée. Sirotant des tasses de thé et grignotant imperturbablement des fruits secs. Par groupe de cinq, de six ou même plus, ils s’échangent des causettes dont on devine le caractère ironique à travers les longs rires.

Après un tour furtif, j’ai occupé une place dans un café central. J’ai apprécié l’ambiance générale que la variété des lumières colorées rend idyllique. Importuné par des vendeurs de tout genre de biens, j’ai gardé en mémoire ces visages gais, insistant.

Parmi les vendeurs, il y a Mazen, un quadragénaire, qui propose de jouer de la musique. J’ai voulu savoir plus sur ce qui propose, il m’a dit qu’il connaît les répertoires de grands chanteurs du monde arable, du Maroc à Oman. Pour le tarif, il me laisse le libre choix. Avec son luth, il s’est installé devant moi et à commencer par une chanson de Oum Khaltoum, puis Farid Al attrach, puis d’autres…, Malgré, les bruits de l’ambiance générale, sa prestation a été plutôt bien.

La place de la mosquée Al Hussein ne laisse pas indifférent. Par des effets inexplicables, elle produit un sentiment de bonheur, une émotion agréable et profonde. C’est la magie des lieux.

L’expert!

Créé par le 24 mar 2009

Je viens d’être nommé expert auprès des services de l’État sur le thème du développement durable. Cette nomination me fait plaisir tout en me rendant perplexe. Qu’est ce qu’un expert du développement durable?

Je suis économiste de l’environnement et ai réalisé quelques travaux sur les conditions d’une croissance économique durable et les indicateurs de mesure de la durabilité. Mais cela ne fait pas de moi un expert sur un thème si large. Je me demande d’ailleurs s’il existe vraiment un expert du développement durable!

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L’expertise est une capacité à mobiliser des connaissances théoriques et pratiques pour répondre à des questions concrètes. Certes, le développement durable pose une série de questions concrètes, mais en aucun cas il n’apporte de réponses exclusives. Pour développer l’expertise en matière de développement durable, il faut constituer un collège d’experts formé d’économistes, d’écologues, de sociologues, de géographes, d’ingénieurs, de juristes et bien d’autres. Tous peuvent apporter la complémentarité requise pour traiter les problèmes complexes que posent les enjeux actuels. Les solutions sont nécessairement pensées collectivement, construites collectivement et mise en oeuvre collectivement.  Nul ne peut prétendre à la vérité absolue (ou à l’expertise absolue).

L’approche pluridisciplinaire est une condition nécessaire pour réussir cet exercice. Il n’en demeure pas moins qu’une transdisciplinarité est indispensable pour rapprocher les savoirs disciplinaires. Une sorte de savoir supérieur qui se nourrit des disciplines pour enrichir l’expertise.

Le parti du développement durable

Créé par le 02 mar 2009

Mon engagement pour le développement durable remonte à 1992. Après le sommet de la terre à Rio de Janéro (Brésil), l’humanité entière a entamé une phase politique pour infléchir le modèle de développement et concilier la création de la richesse avec le respect des équilibres environnementaux et la correction des disparités.  En 2008, la majorité des pays à travers le monde ont déjà adopté le développement durable comme stratégie d’action. La teneur de l’engagement diffère d’un pays à l’autre mais la trame de fond reste la même. Les accords internationaux et les initiatives se sont multipliés.

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Il m’est jamais venu à l’esprit que le concept du développement connaîtra tout ce succès. Au début des années 1990, l’humanité a tourné la page de la guerre froide et la bipolarisation des relations internationales. Nous étions à la recherche d’une nouvelle idéologie qui nous mobilise face aux nouveaux enjeux. Certes la prise de conscience écologique est plus ancienne, mais elle a pris tout son sens dans l’avènement du développement durable. Pour la première fois dans notre histoire moderne, un concept mobilisateur établi le lien entre les maux de l’environnement et la mauvaise répartition de la richesse. 

Contrairement à l’évidence, le développement durable n’est pas  consensuel. Le consensus affiché par le discours politique ambiant, en France et ailleurs, n’est qu’un lueur. En effet, l’instrumentalisation abusive du concept se capitalise dans deux démarches:

- Le « tout communication » est une attitude  qui réduit le développement durable à une procédure d’affichage dénuée de tout contenu. C’est une manière de rendre le concept intelligible par la société de consommation. Cette démarche vise à parler de ce qu’il faut faire sans faire. Elle cible les gestes individuelles en cherchant à culpabiliser les citoyens sans réelle prise en considération de la dimension systémique du concept.

- Le « simplisme déclamatoire » consiste à juxtaposer mécaniquement les trois dimensions du développemement durable.  Cette démarche est très fréquente dans la plupart des plans d’actions pour le développement durable tant pour les entreprises que pour les collectivités territoriales. D’emblée les principes de responsabilité, de participation et de précaution sont purement et simplement évacués.

Mon expérience professionnelle de chercheur et d’expert sur le développement durable me laisse très perplexe sur la volonté des pouvoirs publics  de prendre sérieusement les enjeux posés par ce concept. Tant bien que mal, le grenelle de l’environnement a engagé la société française dans la voie de la responsabilité. Hélas, cet engagement reste lettre morte. Tout le monde sait qu’il ne suffit pas de voter une loi pour qu’elle soit correctement appliquée. Nos administrations (centrales et régionales), nos entreprises et la plupart de nos acteurs associatifs ne sont pas au point sur les enjeux et les solutions apportées.

Le parti du développement durable exige un sérieux engagement avec un suivi de la mise en place des solutions.

Une sixième photo pour lever le mystère

Créé par le 21 fév 2009

Je viens d’être tagué par une bloggueuse de talent. Je ne connais pas bien cette pratique de la blogsphère, mais j’accepte de jouer le jeux.

Voci la sixième photo de mon dernier dossier.

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Curieusement la photo est  aussi mystérieuse. Je l’ai pris dans un musé au nord de l’angleterre…elle raconte la tragédie d’une famille (les Howard) d’un mineur mort suite à l’effondrement de la mine de Woodhorm dans le village d’Ashington…La photo exprime une histoire et ne laisse pas indifférent.

Je ne me rappelle pas pour quelle raison j’ai pris cette photo…En tout cas elle est la sixième dans mon dernier dossier.

La liberté est la plus solide de ces chaînes

Créé par le 14 fév 2009

DE LA LIBERTÉ 

Vous serez vraiment libres non pas lorsque vos jours seront sans soucis et vos nuits sans désir ni peine, 

Mais plutôt lorsque votre vie sera enrobée de toutes ces choses 

et que vous vous élèverez au-dessus d’elles, nus et sans entraves. 

Et comment vous élèverez-vous au-dessus de vos jours et de vos nuits sinon en brisant les chaînes qu’à l’aube de votre intelligence vous avez nouées autour de votre heure de midi ? 

En vérité, ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons brillent au soleil et vous aveuglent.

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Et qu’est-ce sinon des fragments de votre propre moi que vous voudriez écarter pour devenir libres ?

Si c’est une loi injuste que vous voulez abolir, cette loi a été écrite de votre propre main sur votre propre front. 

Vous ne pourrez pas l’effacer en brûlant vos livres de lois ni en lavant les fronts de vos juges, quand bien même vous y déverseriez la mer. 

Et si c’est un despote que vous voulez détrôner, veillez d’abord à ce que son trône érigé en vous soit détruit.

Car comment le tyran pourrait-il dominer l’homme libre et fier si dans sa liberté ne se trouvait une tyrannie et dans sa fierté, un déshonneur ? 

Et si c’est une inquiétude dont vous voulez vous délivrer, cette inquiétude a été choisie par vous plutôt qu’imposée à vous. 

Et si c’est une crainte que vous voulez dissiper, le siège de cette crainte est dans votre coeur, et non pas dans la main que vous craignez. 

En vérité, toutes ces choses se meuvent en votre être dans une perpétuelle et demi-étreinte, ce que vous craignez et ce que vous désirez, ce qui vous répugne et ce que vous aimez, ce que vous recherchez et ce que vous voudriez fuir.

Ces choses se meuvent en vous comme des lumières et des ombres attachées deux à deux.

Et quand une ombre faiblit et disparaît, la lumière qui subsiste devient l’ombre d’une autre lumière. 

Ainsi en est-il de votre liberté qui, quand elle perd ses chaînes, devient elle-même les chaînes d’une liberté plus grande encore.  

Khalil GIBRAN

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Massoud l’indigène

Créé par le 05 fév 2009

Cliquez ici pour lire le premier épisode de MASSOUD 

Après une ardente bagarre avec sa femme, Massoud a quitté le foyer conjugal. Il a emprunté le premier bus en direction de la capitale. A Tunis, il a retrouvé sans difficulté une ancienne connaissance, un compagnon de guerre. Lamine alias « sergent », un vieillard de soixante-dix ans habitant la Casba dans une maisonnette blanche aux ouvertures bleues. Ces couleurs emblématiques de la vieille ville, marquent les visiteurs et stimulent la créativité des peintres.

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Massoud a demeuré une longue période chez Lamine. L’hospitalité de ce dernier intrigue le voisinage. En les voyant partir ensemble le matin, muets, têtes baissées, les gens s’interrogent sur la nature de leur relation. Lamine est connu par son avarice. Comment peut-il tolérer la compagnie de ce pauvre vieillard? Où vont-ils chaque matin? De quoi vivent-ils?

L’histoire de ces deux hommes a commencé un jour de janvier 1945 sur le front,  dans le village de Oberschaeffolsheim sur les faubourg de Stasbourg. Lamine a appartenu au quatrième régiment de tirailleurs tunisiens qui s’est distingué par son courage tout le long de la guerre. Le parcours de Massoud a été compliqué. Après avoir appartenu à différents régiments africains, il a fini  4eRTT et a participé à la bataille du « Sidi Brahim des neiges« . 

La « Sidi Brahim des neiges » est le titre donné à l’époque par des journaux pour évoquer les combats de décembre 1944 dont l’enjeu était le sommet du col vosgien du Hohneck où la première compagnie du capitaine Lartigau s’est battue jusqu’à l’épuisement de ses forces devant un ennemi plus nombreux et fortement armé.

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A la fin de la guerre, les tirailleurs tunisiens, Lamine, Massoud et bien d’autres sont rentrés chez eux. Commence alors une nouvelle période de leur vie. Celle de la revendication de leur dignité, de leur avenir et l’indépendance de leur pays. Leur courte présence en France, les a marqué à jamais…Chacun d’eux a suivi un parcours différents. Fatigués par des années de guerre, nombreux ceux qui ont abondé progressivement la vie.

Encore jeunes, Massoud et Lamine ont continué la guerre. Leur guerre! Ils ont pris les armes et ont rejoint les Felleguas. Reclus dans les montagnes de Mellague, vivant des aides apportées par la population, ils attaquent de temps en temps les soldats français.  Ils attaquent sans remord. Au fond de chacun un sentiment étrange : comment combattre des compagnons d’armes ? Certes ils ont fait la guerre avec l’armée français. Mais cette armée ne les a jamais considéré comme les tiens. On leur a collé l’éternel label d’indigène.

A suivre…

La réalité du déclin économique de la France

Créé par le 30 nov 2008

En 40 ans, la croissance annuelle de l’économie française est passée de 5 % à 1,7 % l’an pendant que la croissance mondiale suivait le chemin inverse. Alors qu’elle était encore en 1980 la quatrième puissance mondiale en PIB et la huitième en PIB par habitant, la France n’est plus aujourd’hui que la sixième en PIB et la dix-neuvième en PIB par habitant.

Le déclin relatif peut entraîner un déclin absolu : la prospérité de la France  n’est pas un acquis définitif.

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Depuis l’an 2000,  la France a une croissance moyenne de 1,7 % par an.  Les dépenses publiques françaises sont les plus élevées de tous les pays de l’OCDE et augmentent encore plus vite que la production. Bien que les impôts soient les plus forts d’Europe, le déficit budgétaire se maintient depuis plus de quinze ans au-dessus de 3 % du PIB, et les intérêts de la dette absorbent à eux seuls les deux tiers de l’impôt sur le revenu.

Si rien n’est fait, la dette publique représentera 80 % du PIB en 2012 et 130 % en 2020. Et même s’il faut, pour la juger valablement, la comparer à la valeur des actifs, la charge du remboursement qui pèsera sur les contribuables de demain sera le triple de celle qu’ils assument aujourd’hui. De plus, compte tenu des évolutions démographiques, le maintien des taux actuels de remplacement des retraites est compromis : la part des dépenses de retraites dans le PIB devrait passer de 12,8 % aujourd’hui à 16 % en 2050.

Il n’en demeure pas moins, la France dispose d’atouts importants pour attirer les bénéfices de la dynamique mondiale et retrouver une croissance forte : la natalité la plus élevée d’Europe, un système d’éducation et de santé de haut niveau, des infrastructures modernes, des entreprises créatives, une vie intellectuelle et associative intense.

La France  est la première destination touristique de la planète, le deuxième exportateur au monde de  produits agricoles et agroalimentaires, le quatrième fournisseur de services. Ses équipements routiers, aéroportuaires, hospitaliers et de télécommunications comptent parmi les plus performants du monde. Certaines entreprises françaises sont parmi les premières mondiales et plusieurs marques ont un rayonnement planétaire dans des secteurs clés pour l’avenir : aéronautique, nucléaire, pétrole, gaz, pharmacie, travaux  publics, construction, banque, assurances, traitement de l’eau, téléphonie, services informatiques, agroalimentaire, esthétique, luxe, tourisme.

Le déclin de l’économie française est au fond une question de mauvaise gouvernance. Les politiques publiques suivies depuis plus de trente ont entraîné le pays dans la voie du déclin. N’ayant pas abandonné un modèle hérité de l’après-guerre, alors efficace mais devenu inadapté, la France reste très largement une société de connivence et de privilèges.

L’État réglemente toujours dans les moindres détails l’ensemble des domaines de la société civile, vidant ainsi le dialogue social de son sens, biaisant la concurrence, favorisant le corporatisme et la défiance. Alors que notre époque requiert du travail en réseau, de l’initiative et de la confiance, tout se décide encore d’en haut, tout est administré.

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