avril 2008

Archive mensuelle

Pouvoir d’achat versus bien-être social

Créé par le 27 avr 2008

La notion du pouvoir d’achat occupe une place prépondérante dans le débat publique. Elle constitue même le principal objectif de la politique économique du gouvernement. Mais la baisse annoncée du pouvoir d’achat n’est-elle pas au fond un mythe ? Une illusion que la sphère politique tente, tant bien que mal, la présenter comme une réalité incontournable.

Il va sans dire que les changements sociologiques de la société imposent de nouvelle formes de pauvreté et in fine une détérioration du pouvoir d’achat. Le Pouvoir d’achat effectif du consommateur mesure le montant d’argent dont disposent les ménages après s’être acquitté des dépenses « contraintes », non compressibles à court terme (loyers, charges fixes,…).

En moyenne et contrairement à l’intuition, les salaires en termes réels connaissent une légère amélioration. Le pouvoir d’achat effectif a augmenté de moins de 1% par an en 2004 et en 2006, et a diminué en 2003 et en 2005 en raison de la forte hausse des dépenses contraintes – et notamment des loyers et des remboursements de crédits. En 2007, le pouvoir d’achat effectif a progressé de 2,0%, il a bénéficié de la bonne tenue des revenus disponibles (après impôts et prestations sociales). Mais cette embellie n’est pas durable puisque la croissance du pouvoir d’achat effectif retomberait à 1,3% seulement dès 2008. 

En 7 ans (de 2000 à 2007), le pouvoir d’achat effectif a augmenté de 8,2% seulement. Après la stagnation des années 2002 à 2006 (0,2% en quatre ans), le pouvoir d’achat effectif des consommateurs s’est un peu redressé en 2007 (source INSEE) 

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Alors pourquoi toutes ces déclarations inquiètes sur le pouvoir d’achat. Il ne faut pas oublier au passage que les chiffres de l’INSEE sont des moyennes et comme toute moyenne, elles cachent souvent de forte dispersion.

Je tiens à préciser deux choses :

1.       Le pouvoir d’achat des plus démunis baisse effectivement

La situation sur le marché de l’emploi et notamment pour les personnes les plus jeunes et les moins qualifiées autorise des formes contractuelles d’emploi de plus en plus précaires. La multiplication du temps partie, de l’intérim et des contrats à durée déterminée, notamment dans le secteur tertiaire, participe amplement à cette détérioration. L’accroissement des familles mono-parentales est aussi un élément explicatif de cette détérioration des conditions de vie. Il s’agit d’une mutation de la société qui s’est installée progressivement depuis la fin du XXème siècle. Cette mutation s’opère indépendamment de l’évolution des salaires. Ainsi la précarité est devenue un produit fatal du progrès économique. La croissance des inégalités est bien l’autre triste facette d’un capitalisme triomphant.

2.       L’assujettissement à la société de consommation

Sur un autre plan, force est de constater, la notion même du pouvoir d’achat a changé de signification. Le panier du consommateur s’est considérablement transformé laissant place à de nouveaux produits à haute valeur technologique (écran plat, téléphone portable, internet, jeux,…). Des produits qui viennent resserrer les contraintes budgétaires des ménages. Il est de plus en plus difficile de résister à la propagande publicitaire et aux effets de mode.

Le renchérissement des prix des matières premières et notamment des énergies fossiles vient nous rappeler la forte dépendance de nos économies de consommation de masse.

La notion du pouvoir d’achat n’est au fond qu’un vocabulaire hérité des trente glorieuses. Période où le bien-être se mesura en fonction des biens et services qu’un ménage peut se procurer. Période où tout le développement a été conçu sur des modes de production et de consommation énergivore.

Le bouillonnement actuel sur l’état du pouvoir d’achat me semble décalé par rapport aux enjeux de notre monde d’aujourd’hui.  Au lieu de chercher à doter les ménages de quelques euros supplémentaires pour accroître les paniers, il importe de corriger les inégalités, lutter contre la précarité et corriger le système des prix.

Dans la société du développement durable, le bien-être social n’est pas une simple question de pouvoir d’achat.

Abdel Wahab: le chanteur des générations

Créé par le 25 avr 2008

Comme chaque week-end je vous propose une pause musique et vous présente à l’occasion un musicien de mon choix.

Cette semaine, je vous présente Mohammed Abdel Wahab (1900 - 1991), un important chanteur et compositeur égyptien très populaire dans le monde arabe.

Il est né au Caire en Égypte, Abdel Wahab a joué de « l’Oud » bien avant de rencontrer le poète Ahmed Chawqi qui lui fera découvrir le répertoire symphonique occidental (cf. entre autres, sa chanson « J’aime la liberté » qui débute par des notes empruntées à Beethoven].

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Le migrant et l’identité

Créé par le 23 avr 2008

Une soirée comme les autres, notre migrant regarde inconsidérément une émission à la télé…un invité singulier attire son attention. Il s’agissait d’un haut responsable de l’immigration et de l’identité nationale.

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L’homme paraissait hardi mais certains gestes trahissaient son énervement faces à ses contradicteurs. Il justifiait avec énergie l’association entre la politique de l’émigration et celle de l’identité nationale: « la maîtrise de l’immigration est indispensable à l’intégration ». Dans son rôle de responsable politique, l’homme manie superbement la langue de bois et multiplie les raccourcis. Le discours est haineux, méprisant, manquant de profondeur.

Notre migrant se sentait mal…très mal. Il a toujours conçu sa présence en France comme une richesse aussi bien pour lui que pour les autres. Il a trouvé dans ce pays un mélange de personnes venant de tous les horizons. Chacun sa culture, son expérience, ses croyances…, mais tout le monde se respecte et s’incline devant une loi approuvée collectivement. Celle de la République. Sa devise impose l’églité de tous devant la loi.

La République est bien l’art de vivre ensemble sans se nier, sans se dénigrer, ou se mépriser,…, Les différences sont ainsi synonymes de richesse. La société valorise les hommes et les femmes en fonction de leurs talents et non pas de leurs origines. Les citoyens de souche n’ont pas plus de mérite que ceux de couche. Aussi bien la souche que la couche sont indispensables.

Dans cette République, la question de l’identité devient chimérique voire frivole. Chaque français a en lui plusieurs identités qui s’imbriquent. Celle de sa famille et de son histoire. Celle de sa région native et ses premiers voisins. Celle de sa communauté de pensée. Celle de son milieu de travail…enfin celle de son destin. Lorsque l’une des identités l’emporte sur les autres, c’est le début d’une triste aventure. 

C’est peut être cette diversité des identités qui fait l’essence même de l’identité républicaine. Pourquoi cherche-t-on à tout relier à la question des flux migratoires? La France n’est-elle pas une terre d’accueil? Depuis la nuit des temps, cette terre a accueilli des vagues succesives de migrants.

Notre migrant à nous, il fait partie des dernières vagues. Celles d’un monde différent. L’universalisation des comportements à travers le monde et l’émergence de l’homme universel donne à l’immigration un sens nouveau. Nous migrons du sud vers le nord ou du nord vers le sud pour des raisons économiques (parfois politiques). Nous faisons, en quelque sorte, comme les marchandises, les capitaux et les touristes. Dans un monde accessible en temps réels, l’immigration est une réalité incontournable.

Dans un monde où le fossé entre les pauvres et les riches ne cesse de s’accroître l’immigration n’est qu’une replique à la misère. Dans un monde où les plus fortunés massacrent l’environnement et menacent gravement les équilibres fondamentaux de la biosphère, l’immigration est une subterfuge face aux méfaits du changement climatique…

Notre migrant s’est dit comment peut-on remédier aux maux de la terre, si chacun érige une citadelle et se renferme sur son identité. Une identité montée en toutes pièces, par coup de lois et de procédures. Ce n’est le monde où il souhaite vivre (s’il est viable).

Il éteint la télé pour aller se coucher en espérant que ce rouquin ne transforme ses réves en cauchemars.

Hommage au père de la négritude

Créé par le 18 avr 2008

Aimé Césaire vient de mourir, mais pas sa poésie, toujours debout, toujours puissante pour peu qu’on prenne le temps de la lire.

« J’habite une blessure sacrée
j’habite des ancêtres imaginaires
j’habite un vouloir obscur
j’habite un long silence
j’habite une soif irrémédiable
»


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« avec des bouts de ficelle
avec des rognures de bois
avec de tout tous les morceaux bas
avec les coups bas
avec des feuilles mortes ramassées à la pelle
avec des restants de draps
avec des lassos lacérés
avec des mailles forcées de cadènes
avec des ossements de murènes
avec des fouets arrachés
avec des conques marines
avec des drapeuax et des tombes dépareillées
par rhombes
et trombes
te bâtir »

Aimé Césaire est mort

Créé par le 17 avr 2008

Aimé Césaire, 94 ans, est décédé jeudi matin au CHU de Fort-de-France.

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Un homme d’un calibre exceptionnel quitte notre monde laissant dernière lui une pensée courageuse combinant le raffinement de la littérature et la perspicacité de l’action politique.

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Le migrant et le cumin

Créé par le 08 avr 2008

Devant une grande enseigne de restauration rapide, notre ami s’est arrêté pour toiser une affiche publicitaire reprenant l’image de son pays natal. L’image a suscité en lui une sensation ambiguë. La référence au soleil, aux épices et aux gens d’ébène ne le laisse pas indifférent. Il ne sait pas s’il doit être fier de cette référence publicitaire ou s’indigner de l’instrumentalisation faussement culinaire de son origine.

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Il se paie un menu à 5 euros et le déguste avec inconstance. Il enfourne le casse-croûte  et se rassasie en buvant d’un seul coup la boisson gazeuse. « Finalement, ce n’est pas mal », murmure-t-il ? Il range son plateau et se soulage avec une cigarette en marchant orgueilleusement dans les larges rues de la ville.

Sa mémoire le rattrape et l’amène loin. L’image des repas en famille s’accapare de sa pensée. C’est l’effet du cumin. Ce condiment ne laisse pas indifférent. Quelque soit le repas, il persiste dans la bouche et fait durer le plaisir. Cette ombellifère est présente dans la quasi-totalité de ses repas d’enfance. Elle porte un symbole fort. Son goût fait partie de son identité.

Le jour où il a décidé de quitter sa terre natale pour s’aventurer dans des contrées inconnues, le cumin ne le fascina guère. Dans sa terre d’accueil, le cumin n’a pas le même statut. Il fait partie de cette famille d’aliment qu’on appelle les exotiques. Il est entré dans toutes les cuisines et fait partie intégrante de nombreux plats.

Bien qu’il soit lui même exotique, il ne lui semble pas avoir connu le même sort que le cumin. Lui, il est migrant, alors que le cumin ne l’est plus.

C’est quoi ce monde qui universalise les goûts et les cultures tout en catégorisant les hommes qui les portent dans leur identité.  Le cumin sans migrant reste une mixture sans goût.

couscous.jpg Bonne appétit!

L’homme universel, mythe ou réalité ?

Créé par le 05 avr 2008

La planète est désormais accessible en temps réel. Les images, les discours, les idées, les passions et bien d’autres choses circulent quasi librement d’une région à l’autre à travers le Monde. Cuba a probablement été la dernière citadelle de résistance à l’ère de l’Internet et du téléphone mobile. Bien que le fossé numérique reste une triste réalité dans les pays en développement, la marche vers la société numérique universelle est une évidence indubitable.

Le raccourcissement des distances entre les hommes a-t-il favorisé l’émergence de l’homme nouveau ?

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L’universalisme véhiculé par les technologies de communication participe à définir cette nouvelle identité. Partout la norme technique uniformise les réflexes et standardise les comportements. Le consumérisme n’est plus l’apanage des sociétés fortunées. Il s’installe anarchiquement dans les milieux miséreux. Il devient un mode de vie et rythme le quotidien des gens. Dans les quatre coins du monde, le consumérisme est érigé comme mode de vie, comme religion.

Le périmètre des identités culturelles se trouve ainsi défier par la perspicacité des échanges commerciaux. Lorsqu’elle n’est pas marchandise, la culture est portée par celle-ci. L’hiérarchie des valeurs culturelles favorise leur sélection et réduit l’identité à ses derniers retranchements : la langue. Celle-ci est aussi menacée par la course effrénée aux raccourcis. L’uniformisation du verbe est une réalité dans un tas de domaines, du scientifique au commercial en passant par le politique. Cette véhémence instruit l’homme tout en brisant ce qu’il est. Elle réduit son identité originelle pour la remplacer par une part inconsidérée d’universalisme.

En s’universalisant, l’homme moderne perd son essence tout en gagnant en liberté. Sa pensée est libérée des frontières qu’impose son identité originelle. Son horizon est désormais vaste. Son voyage peut ainsi commencer pour durer longtemps. Il transgressera les normes, les dogmes et les tabous. Il s’adaptera à la technologie et s’inscrira pleinement dans la fondation de la société universelle.

Toutefois, il porte en lui son enracinement, son attachement à des images d’enfance fixées dans son inconscience. Les voix de sa mère, de son père et de son premier entourage raisonnent encore dans son intérieur. L’histoire d’un roman d’enfance se dessine devant lui et s’accapare de son intellect. Au silence d’une longue nuit d’hiver, la nostalgie domine sa pensée et s’installe en maîtresse de ses sentiments. Il révise, le temps d’une soirée, sa conscience et récrimine ses choix. Qui suis-je ? Où vais-je ? Le lendemain, la vie redémarre et l’universalisme regagne son quotidien.

Lorsque la chaîne de la transmission se rompt, les images de l’enfance s’uniformisent et les troubles de l’inconscience s’estompent. L’homme universel est né.

Louis Armstrong pops-muscisien américain

Créé par le 04 avr 2008

Comme chaque Weekend une pause musique s’impose. Cette semaine je vous présente la voix du Jazz amércain.

Louis Armstrong est réputé charismatique, innovant et possédant un talent musical exceptionnel. Il transforma le jazz du statut d’une musique régionale peu connue en un courant culturel populaire. Étant probablement le musicien de jazz le plus célèbre du XXème siècle, il fut tout d’abord reconnu pour ses qualités de trompettiste avant de développer au fil de sa carrière des aptitudes au chant et ainsi devenir l’un des chanteurs de jazz les plus influents de son époque.

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Les croyants se reconnaissent

Créé par le 01 avr 2008

Il y a certainement quelque chose qui guide ce monde et ceux qui le peuplent. Nos conflits, nos haines, nos polémiques et nos passions ne sont que d’insipides tohu-bohus. Lorsque notre corps se met à flétrir et notre raisonnement à s’anéantir, c’est cette chose qui vient meubler nos journées et étinceler nos nuits. Ainsi lorsque le support (le corps) reconnaît la substance (l’âme), le sentiment s’exprime en courage et la protestation en croyance. 

Cette chose occupe notre conscience et fait de nous des êtres de culture…On l’appelle la religion (la catégorie) lorsqu‘elle affiche le dogme et formalise la coutume. On l’appelle idéologie (la doctrine) lorsqu‘elle brise le tabou et carène la conscience.

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Mais cette chose est bien supérieure. Elle est en nous depuis la nuit des temps. Nos ancêtres l’ont exprimé dans les livres qu’on a, dans un premier temps, sacralisé puis mystifié pour la rendre inaccessible à l’esprit rationnel et impénétrable par la modernité opulente.

Je les reconnais par les mots, les gestes et les sens. Je les identifie par les mots lorsqu’ils se mettent à discourir. Je les découvre par les gestes lorsqu’ils se rebellent. Je sens que la passion les tourmente.  Une espèce d’hommes et de femmes qui estime la chose et sublime sa présence. Ce sont les croyants

Ils sont souvent pudiques et réservés, se cachent derrière l’intime et récusent le cruel. Ils démarrent leurs journées par un regard vertical et redevable. Ils s’arrêtent devant l’insignifiant et donne du sens au moment. Pour eux, croire n’est pas un exercice de démonstration et encore moins une fanfaronnade. La chose les habite…ils savent qu‘ils ne peuvent guère lui mentir. 

Les croyants ne sont pas toujours dans le style. Parce qu’elle est autarcique, la « doctrine » les éconduit. Bien que la « catégorie » les rattrapent, ils savent, tout de même, s’identifier à l’essentiel, c’est à dire à la chose. 

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