Dans la plupart des pays développés le potentiel de croissance économique réside dans la capacité d’innovation et l’intégration d’un progrès technique favorable à la création de l’emploi. Les économies développées ont un stock de capital matériel relativement vétuste (infrastructures, usines, équipements,…). L’amortissement de ce capital constitue un prélèvement sur la formation nette de capital (c’est-à-dire l’investissement).

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Il se trouve que l’essentiel de ce capital à amortir correspond à des investissements publics. Le financement de ces investissement pose de nos jours un problème sérieux. Les États ne disposent plus des mêmes moyens financiers des années 1960 et 1970. Dans ce contexte se pose une question fondamentale: faut-il reproduire le modèle keynésien de régulation économique ou laisser les forces du marché réguler librement? Un modèle de mix-économie est-il généralisable?

La réssite des économies occidentale pendant les trente glorieuses sont dues en partie aux politiques de régulation par le demande préconisées par l’économiste anglais J-M Keynes. Il s’agisait d’une politique interventioniste qui renforce le rôle de l’Etat et laisse peu de place au secteur privé. Progressivement ce système a montré ses limites, engendrant une crise de stagnation économique. Le retour brutal à l’économie de marché a provoqué, dans plusieurs régions à travers le monde, de graves crises sociales.

A la fin du XXème siècle les économistes et quelques hommes politiques ont tiré la leçon. Le « tout- État » comme le « tout-Marché » sont deux modèles « extrêmes » incapables de répondre aux exigences du monde moderne. Le « moins-État » ou le « juste-État » deviennent les maîtres mots des discours économique et politique. Toutefois, cette affirmation ne peut guère répondre à la question de la régulation économique.

Nous l’avons compris, il faut un certain degré d’interventionisme de l’Etat. Cette intervention a été rendue nécessaire dans les secteurs stratégiques (énergie, infrastructures, sécurité) et ceux de l’investissement de long terme (capital humain, environnement, recherche et développement,…). L’investissement publique ne peut être la seule variable d’ajustement dans une économie de marché. Les leviers des dépenses publiques et de la fiscalité doivent jouer un rôle de premier plan.

Deux options s’affrontent dans le débat public en France et ailleurs. D’une part la relance par l’offre, d’autre part la relance par la demande. La première option consiste à libérer toutes les forces vives de l’économie afin de booster la production. Le choix consiste à ôter tous les obstacles à l’investissement privé et la libre initiative. Les formalités administratives comme les conditions d’accès au marché financier doivent être simplifier pour permettre aux plus grands nombres d’investisseurs  (preneurs de risque) d’oser faire le premier pas. Des avantages fiscaux peuvent être donnés aux secteurs les plus exposés. La tendance est donc à la baisse de l’impôt et donc à la réduction de l’intervention de l’Etat. Cette politique de relance par l’offre rencontre souvent des obstacles de taille. Les gouvernements qui se sont engagées dans cette orientation ont connu une situation d’insolvabilité.

Les États ne peuvent pas supporter brutalement une dégénérescence de leur recette.