Mon engagement pour le développement durable remonte à 1992. Après le sommet de la terre à Rio de Janéro (Brésil), l’humanité entière a entamé une phase politique pour infléchir le modèle de développement et concilier la création de la richesse avec le respect des équilibres environnementaux et la correction des disparités.  En 2008, la majorité des pays à travers le monde ont déjà adopté le développement durable comme stratégie d’action. La teneur de l’engagement diffère d’un pays à l’autre mais la trame de fond reste la même. Les accords internationaux et les initiatives se sont multipliés.

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Il m’est jamais venu à l’esprit que le concept du développement connaîtra tout ce succès. Au début des années 1990, l’humanité a tourné la page de la guerre froide et la bipolarisation des relations internationales. Nous étions à la recherche d’une nouvelle idéologie qui nous mobilise face aux nouveaux enjeux. Certes la prise de conscience écologique est plus ancienne, mais elle a pris tout son sens dans l’avènement du développement durable. Pour la première fois dans notre histoire moderne, un concept mobilisateur établi le lien entre les maux de l’environnement et la mauvaise répartition de la richesse. 

Contrairement à l’évidence, le développement durable n’est pas  consensuel. Le consensus affiché par le discours politique ambiant, en France et ailleurs, n’est qu’un lueur. En effet, l’instrumentalisation abusive du concept se capitalise dans deux démarches:

- Le « tout communication » est une attitude  qui réduit le développement durable à une procédure d’affichage dénuée de tout contenu. C’est une manière de rendre le concept intelligible par la société de consommation. Cette démarche vise à parler de ce qu’il faut faire sans faire. Elle cible les gestes individuelles en cherchant à culpabiliser les citoyens sans réelle prise en considération de la dimension systémique du concept.

- Le « simplisme déclamatoire » consiste à juxtaposer mécaniquement les trois dimensions du développemement durable.  Cette démarche est très fréquente dans la plupart des plans d’actions pour le développement durable tant pour les entreprises que pour les collectivités territoriales. D’emblée les principes de responsabilité, de participation et de précaution sont purement et simplement évacués.

Mon expérience professionnelle de chercheur et d’expert sur le développement durable me laisse très perplexe sur la volonté des pouvoirs publics  de prendre sérieusement les enjeux posés par ce concept. Tant bien que mal, le grenelle de l’environnement a engagé la société française dans la voie de la responsabilité. Hélas, cet engagement reste lettre morte. Tout le monde sait qu’il ne suffit pas de voter une loi pour qu’elle soit correctement appliquée. Nos administrations (centrales et régionales), nos entreprises et la plupart de nos acteurs associatifs ne sont pas au point sur les enjeux et les solutions apportées.

Le parti du développement durable exige un sérieux engagement avec un suivi de la mise en place des solutions.